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Depuis le 1er février, plusieurs établissements secondaires d’Aubervilliers sont en grève. Après le lycée professionnel Jean-Pierre Timbaud, les enseignants du collège et du lycée Henri Wallon, du lycée Le Corbusier, des collège Gabriel Péri et Diderot ont décidé de se mettre en mouvement pour défendre le service public de l’enseignement. Une manifestation festive et bon enfant était organisée cet après-midi sur la place de la mairie. Avec Daniel Goldberg, député de la circonscription, nous étions présents pour marquer notre soutien aux enseignants excédés par le manque de considération du gouvernement, la baisse de moyens, les classes surchargées et les réformes incohérentes qui leurs sont imposées.

L’insécurité est également une des causes majeurs de la colère des enseignants et des parents d’élèves inquiets pour l’avenir de leurs enfants. Pour sa part, le Conseil général s’est emparé de cette question en engageant un plan départemental de sécurisation des collèges qui bénéficiera notamment aux collèges Gabriel Péri et Jean Moulin. Une rencontre a également eu lieu avec le maire d’Aubervilliers et la vice’présidente de la région chargée des affaires scolaires pour améliorer la situation dans les lycées. Mais tous les efforts de la région et du département ne pourront remplacer l’Etat qui doit rester le garant du service public de l’éducation et de la sécurité. Or, si l’angoisse monte à ce point aujourd’hui, c’est que chacun sent bien que, même sur ses prérogatives régaliennes, l’Etat est en recul constant depuis des années, et que ce constat fragilise et déstabilise toute la société. A Aubervilliers, les enseignants se trouvent aux avant-postes et sont confrontés quotidiennement à une réalité sociale particulièrement préoccupante. Le gouvernement doit entendre leur colère.

A ma demande, depuis l’année dernière, la ville d’Aubervilliers met à l’honneur les lauréats des brevets des collèges en organisant une réception conviviale pour les récompenser. Hier soir, c’étaient les élèves du collège Rosa Luxemburg qui sont venus dans la salle des mariages de l’hôtel de ville, pour recevoir leur diplôme et retrouver leurs copains de classe de l’année dernière. Hier comme à chaque fois, cette cérémonie fût un moment extrêmement joyeux et sympathique. Dans la morosité ambiante, l’énergie et l’enthousiasme des jeunes sont stimulants et nous rappellent combien il est important de les accompagner et de les aider à préparer leur avenir. Lors de notre bref discours, avec Daniel Garnier, maire-adjoint délégué aux affaires scolaires, nous avons insisté sur l’importance de l’éducation et des études qui restent, quoi qu’en  disent certains, le meilleur moyen de s’émanciper, de réussir sa vie et de prendre toute sa place dans la société.

Nacer Meddah et Claude Bartolone

Tous les ans en fin d’année, il est de tradition que le Préfet de Seine-Saint-Denis soit invité par le Conseil Général à présenter le bilan de l’action de l’Etat dans le département. C’est ainsi que, jeudi 27 novembre, Nacer Meddah est venu, accompagné des Sous-Préfets et des principaux directeurs de son administration, faire un point général sur l’ensemble des principales missions menées par les services déconcentrés de l’Etat en développant plus longuement les questions relatives à la sécurité, à la cohésion sociale et à l’emploi.  Cette réunion fût également marquée par un long échange sur la réforme territoriale en cours et sur le devenir de l’échelon départemental. 

Durant cette séance, il est également de traditions que des questions soient posées par les conseillers généraux qui souhaitent alerter le représentant de l’Etat sur un sujet particulier. Pour ma part, je suis intervenue sur la question des sans abris et de l’hébergement d’urgence, voici le texte de ma question :

 

Conseil Général 26 novembre 2009 – Présentation du bilan des services de l’Etat en Seine-Saint-Denis.Question de Madame Evelyne YONNET. Conseillère Générale de Seine-Saint-Denis. Première Adjointe au Maire d’Aubervilliers.

« Monsieur le Préfet,

Début novembre, Benoîst Apparu, le nouveau secrétaire d’Etat au logement, a dévoilé un énième plan hivernal, qui affiche certes de grandes ambitions, mais qui, dans les faits, est essentiellement destiné à réorganiser les dispositifs d’urgence, en y adjoignant quelques trouvailles comme la mise à dispositions de 2000 jeunes volontaires. 2000 jeunes dont l’appui et l’engagement seront certes les bienvenus, mais qui auront probablement bien du mal à pallier l’absence de formation, le manque de moyens et la pénurie de logements adaptés. Nous le savons, le dévouement des associations et les bonnes intentions affichées par le gouvernement ne suffiront pas. En incluant les personnes domiciliées auprès d’un CCAS ou d’une association agréée, la Seine-Saint-Denis compte au grand minimum 20.000 personnes sans domicile fixe, 20.000 personnes en errance et confrontées à une totale insécurité sociale.

 Monsieur le Préfet, face à cette réalité, un des points communs des différentes mesures gouvernementales est de laisser à penser qu’une simple réorganisation des dispositifs existants pourraient – presque à eux seuls – répondre à l’urgence sociale et à la profonde crise de logement que nous traversons. Or, nous le savons toutes et tous ici :  « Il faut mener la bataille de l’offre », comme le déclarait récemment Xavier Emmanuelli, Président du Comité de suivi de la loi DALO. Les projets de résidences sociales, de maisons relais, d’appartements ALT doivent être multipliés. De même, la mobilisation du parc privé via les dispositifs de lutte contre l’habitat indigne ou l’action novatrice des Agence Immobilière à Vocation Sociale doit être renforcée.

 La précarité qui frappe les habitants du département, se cumule ici avec d’autres facteurs comme la présence de 3500 à 4000 personnes orientées par la DDASS de Paris ou par le fait que la Seine-Saint-Denis reste, après Paris, la principale porte d’entrée des demandeurs d’asile. Quant à la situation des enfants, elle est tout simplement dramatique – un chiffre un seul – à Aubervilliers, ce sont près de 500 enfants qui sont ballottés d’un mode d’hébergement à un autre.

Monsieur le Préfet, les élus et la population du département, ne peuvent se contenter des bonnes intentions affichées par le gouvernement. Pouvez-vous nous indiquer la teneur réelle et l’importance des nouveaux moyens destinés à la réalisation de logements et de places d’hébergement ? Pouvez-vous également nous préciser quels moyens d’accompagnement social seront mobilisés par l’Etat en complément des financements déjà engagés dans le fonds de solidarité logement ? Et quels seront ceux consacrés à la mise en place des commissions départementales de coordination des actions de prévention  des expulsions ? Enfin – comme la loi Dalo – le tout récent « plan Apparu » repose en partie sur la mobilisation du contingent de l’Etat. Avons-nous des garanties, monsieur le Préfet, que cette mobilisation ne se fera pas au détriment du plan de lutte contre l’habitat indigne ? Je vous remercie. » 

conseilgeneraldescollegiens C’est aujourd’hui que démarre la campagne des jeunes collégiens candidats à la première élection du Conseil général des collégiens.  Celle-ci s’achèvera le 27 novembre et le scrutin se déroulera le 9 décembre dans tous les collèges de Seine-Saint-Denis. Le Conseil général des collégiens est une instance à vocation éducative et citoyenne. Il sera à la fois un lieu d’apprentissage de la vie démocratique, un espace d’échanges entre collégiens et  un outil de découverte des institutions. Le futur Conseiller général des collégiens sera un relais : il informera ses camarades des projets décidés au Conseil des collégiens et pourra leur proposer des actions liées à ces projets. Le Conseil général des collégiens  fonctionnera comme une véritable assemblée, mais le mandat des jeunes élus ne durera qu’un an. Des adultes référents de chaque collège pourront les aider à élaborer et à mener à bien les projets.  Le 9 décembre, tous les collégiens de la Seine-Saint-Denis, de la 6e à la 3e pourront participer au vote pour élire leurs 120 camarades chargés de les représenter.

+citoyenwebL’Assemblée départementale a adopté à l’unanimité la mise en place d’une nouvelle aide financière baptisée « + CITOYENS », destinée  aux projets collectifs des jeunes de 16 à 30 ans. Il s’agit de soutenir l’initiative et la volonté de réussir, dans le cadre d’une démarche tournée vers l’exercice  d’une citoyenneté active et solidaire. Selon le règlement établi pour ce nouveau dispositif, peuvent être retenus les projets favorisant la citoyenneté, l’engagement et la participation, qu’ils soient culturels, sportifs, éducatifs, ou liés à la démocratie participative, au développement durable, etc… ( mis à part les projets à l’international qui font l’objet d’autres modalités de financement). Le montant de l’aide est fixé au maximum à 30% du coût du projet, plafonné à 2500 euros. Les jeunes pourront bénéficier d’un accompagnement méthodologique pour formaliser le projet ou rechercher des financements complémentaires. Pour + d’informations :  direction de la jeunesse du Conseil Général  01 43 93 40 95.

Cette nouvelle mesure s’ajoute aux possibilités offertes par le contrat « Jeune Auber + » mis en place par la ville en 2008. Là le principe est différent mais il permet aux jeunes qui se « prennent en main » de bénéficier d’un coup de pouce de la collectivité. En contrepartie de menus travaux – des rallyes nettoyage dans les rues de la commune, de l’aide aux devoirs, un coup de main aux Restos du coeur… – le jeune bénéficie d’une aide financière de 2 000 € maximum pour passer son permis, payer ses études, réaliser un projet culturel ou encore créer son entreprise. Depuis septembre 2008, 225 jeunes Albertivillariens 129 filles, 96 garçons, âgés de 16 à 25 ans, ont signé un contrat « Jeune Auber + ». Pour en savoir +, prendre contact avec le Point information jeunesse d’Aubervilliers.

6a00d8341cdf0d53ef0120a5d68d04970c[1]Mardi 29 septembre, à l’Hôtel de ville, dans le cadre des « Rencontres d’Aubervilliers », j’aurai l’honneur d’animer un débat sur la prévention des nouveaux risques épidémiques. Organisé à 20h30, salle du Conseil municipal, en présence de spécialistes et professionnels de santé, nous aurons également le plaisir de compter parmi nous François Bricaire, Professeur d’université et Chef du service des maladies infectieuses et tropicales à la Pitié Salpêtrière et Frédéric Saldman, Médecin spécialiste en diététique, en hygiène alimentaire et en cardiologie, auteurs de l’ouvrage « Les nouvelles épidémies, comment s’en protéger ? ».

 

En prélude à ce débat, voici le texte de la quatrième de couverture de cet ouvrage :

« Les alertes à répétition « - le SRAS, Ebola, les méningites, la grippe aviaire et désormais la grippe A dite mexicaine – constituent autant de signes des risques infectieux actuels ou à venir. Mais que faut-il en penser? Doit-on réellement avoir peur ? Quels sont les vrais dangers de ces nouveaux virus? Si l’on songe qu’en 1918 la grippe espagnole – due à un virus H1 N1 comme pour la grippe mexicaine de 2009 – avait au final fait 60 millions de morts dans le monde et que la pandémie s’était étalée sur 15 mois avec des poussées successives et des périodes de retrait de la maladie, il convient de demeurer très vigilant. Car, bien que la prudence dans les prévisions s’impose, le parallèle avec la situation actuelle ne peut être écarté. Ce livre fait le point sur ces questions de façon concrète et pragmatique. Il propose des solutions pratiques pour se préparer à ces nouvelles épidémies, se protéger des virus qui surgissent et traverser sereinement ces périodes sanitairement stressantes. C’est uniquement en restant informé et attentif que nous pourrons mettre en place des systèmes de prévention efficaces. Notre santé et notre vie en dépendent.«  

Collège Gabriel Péri - Aubervilliers 13 juillet 2009

Collège Gabriel Péri - Aubervilliers 13 juillet 2009

Fort logiquement, c’est pendant les vacances d’été, en l’absence des élèves, que de nombreux travaux d’entretien et de rénovation sont réalisés dans les collèges. En cliquant ici, vous pourrez visionner la carte des travaux qui seront réalisés par sur l’ensemble du département  par le Conseil Général durant juillet et août 2009.

Mathieu Hanotin, Claude Bartolone, Evelyne Yonnet

Mathieu Hanotin, Claude Bartolone, Evelyne Yonnet

A cet égard, Aubervilliers fait l’objet d’une attention particulière puisque la situation reste tendue dans les collèges et nécessite un effort important  en matière de modernisation et de sécurisation. Lundi 13 juillet, avec Claude Bartolone Président du Conseil Général, Mathieu Hanotin, Vice-Président, et le Maire Jacques Salvator, nous avons visité   le collège Gabriel Péri pour faire un point sur les travaux menés dans ce collège (merci aux services départementaux et à Madame Stoque la principale adjointe pour leur disponibilité). A Gabriel Péri la sécurisation des entrées et sorties fait l’objet de toute notre attention en raison des incidents qui se déroulent durant toute l’année aux abords immédiats. Un réaménagement global de l’entrée et du parvis d’accueil sera également réalisé au plus tard courant 2011, et nous travaillons par ailleurs sur la création d’un nouveau gymnase en partenariat avec la ville.

Point sur les travaux en cours de réalisation en présence du maire.

Point sur les travaux en cours de réalisation en présence du maire.

Plus généralement, la plupart des collèges d’Aubervilliers sont concernés par des travaux de rénovation ou d’entretien, en particulier à Jean Moulin sur lequel une rénovation lourde sera prochaînement réalisée.  Au-delà de l’intervention sur le bâti, le Département est engagé  au côté de l’Education nationale pour initier de nouvelles actions, notamment, un plan de sécurisation des établissements scolaires, des interventions d’éducateurs spécialisés dans les collèges, des dispositifs spécifiques contre le décrochage scolaire et l’encadrement des élèves exclus de leur établissement. Par ailleurs, une équipe mobile d’intervention rapide regroupant 18 agents issus de corps de métiers différents a été récemment créée pour répondre rapidement aux urgences et aux problèmes de maintenance générale dans les collèges. À Aubervilliers, nous travaillons également avec la communauté scolaire sur la sectorisation, et enfin, nous espérons mettre à l’étude prochainement la construction d’un 6ème collège public pour faire face à l’augmentation importante des effectifs au cours des prochaines années.

C-Blanc-02-07-2009-007Jeudi dernier, le  2 juillet, Christian Blanc, Secrétaire d’Etat chargé du développement de la région capitale a répondu à l’invitation du Conseil Général de Seine-Saint-Denis et de son Président Claude Bartolone. Les trois groupes, PS, PC et UMP ont chacun posé quatre séries de questions  sur l’avenir de la région, mais aussi et surtout sur celui de la Seine-Saint-Denis. Pas vraiment de scoop au cours de ce débat à l’ambiance très consensuelle, mais les échanges furent intéressants et ont permis d’y voir un peu plus clair sur le devenir de la Métropole. Ce fût également l’occasion pour chaque formation de mettre en avant ses priorités et pour le Secrétaire d’Etat de préciser son projet sur les dossiers les plus emblématiques. A cet égard, il l’a promis, foi de Christian Blanc, sa proposition-phare, son métro automatique autour de Paris surnommé Grand Huit, sera financé sans que cela n’altère les autres projets de transports en commun, inscrits au contrat de plan Etat Région et au plan de mobilisation des transports.

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Il  a également confirmé que le dialogue progressait entre Nicolas Sarkozy et le Président de la Région Ile-de-France, Jean-Paul Huchon, ce qui pourrait, moyennant des concessions de part et d’autre, mettre un terme au bras de fer engagé depuis deux ans entre le gouvernement et la Région sur le dossier du Schéma d’Aménagement de la Région Ile-de-France. Enfin, chacun s’est accordé à dire que la Seine-Saint-Denis avait un potentiel de développement considérable, grâce à ses deux aéroports et à l’activité  qu’ils générent, mais aussi grâce au secteur de la Plaine-Saint-Denis qui est devenu un pôle d’excellence, en particulier en matière d’audiovisuel. Le potentiel économique est là, les projets de transports en commun pour leur desserte prennent forme, mais il reste le plus difficile : faire en sorte que les inégalités sociales régressent, que la précarité recule, et que les habitants du département profitent concrètement de l’essor économique des secteurs de pointe. Et là, malheureusement, sur cette question, le Secrétaire d’Etat c’est montré beaucoup moins disert.

mediapartJeudi soir, au Théâtre de la Commune, j’ai eu le plaisir d’introduire le débat sur la liberté de la presse, organisé autour d’Edwy Plenel et de la sortie de son dernier livre « Combat pour une presse libre » aux éditions Galaade (disponible à la librairie « Les mots passants » rue du Moutier à Aubervilliers). Voici une partie de mon intervention et de ma présentation d’Edwy Plenel :

 

THEATRE DE LA COMMUNE

Jeudi 18 juin 2009 – Rencontre avec Edwy PLENEL

« Le Canard enchaîné l’affirme depuis près d’un siècle : «la liberté de la presse ne s’use que si l’on ne s’en sert pas.» Une affirmation plus d’actualité que jamais. On peut également ajouter la citation de Beaumarchais : « sans la liberté de blâmer, il n’est point d’éloge flatteur »,  devenue la devise du Figaro, une devise que ce journal applique avec ardeur, du moins quand il s’agit de blâmer la gauche et de faire l’éloge du Président de la République. Mais soyons justes, Le Figaro n’a jamais prétendu être neutre. En cela, il est assez conforme à la tradition de la presse française qui est plutôt une presse d’opinion. Parfois virulents, généralement modérés, les journaux français ont toujours semblé privilégier le débat à l’analyse, le commentaire au fait et le parti pris à l’objectivité. Cependant, le paysage journalistique français a tout de même réussi à élaborer un produit de synthèse, incarné en la personne d’Edwy PLENEL. En effet on peut dire qu’Edwy PLENEL est un journaliste engagé, mais également un journaliste d’investigation comme on en trouvait plutôt jusque là dans la presse anglo-saxonne.

 Très jeune, à 18 ans, Edwy PLENEL milite à l’extrême gauche, adhère à la ligue communiste révolutionnaire, et commence rapidement à écrire pour ROUGE l’hebdomadaire de la LCR. Au début des années 80, il devient journaliste au très honorable quotidien Le Monde. Au fil de ses enquêtes, il devient le porte étendard d’un nouveau journalisme d’investigation à la française, une étiquette qui le placera d’ailleurs un peu en marge de la profession. A partir de 1995, sa carrière prend un nouveau cours. Il devient directeur de la rédaction du quotidien de la rue des Italiens jusqu’en 2003, un poste qu’il abandonnera suite aux remous suscités par le réquisitoire de Pierre Péan et Philippe Cohen : « La Face cachée du Monde ».  Edwy PLENEL a publié une dizaine d’ouvrages et est très présent dans les médias. Il est désormais très engagé dans le projet MEDIAPART un journal en ligne, accessible par abonnement.

 Il est ici ce soir pour nous parler de sa démarche. Son dernier ouvrage «Combat pour une presse libre» dans la collection Galaade, est un manifeste pour une presse indépendante. Il dénonce la connivence des mondes politiques, économiques et médiatiques qui a produit une oligarchie ultra-dominante. Selon ses propres termes, le collectif MEDIAPART « cherche à inventer une réponse aux trois crises – démocratique, économique, morale – qui minent l’information en France, sa qualité et son utilité, son honnêteté et sa liberté ». (…)

 La presse est en pleine mutation. Dans le monde entier la presse traditionnelle tend de plus en plus à devenir « bi-media », papier et numérique.  En France, des expériences de véritables journaux alternatifs en ligne se sont créés, RUE 89 et BAKCHICH-INFO. Avec MEDIAPART ils sont les pionniers d’une nouvelle presse professionnelle qui se libère des lourds investissements liés à l’impression et à la diffusion. (…) Pour finir, si vous me permettez, je vais citer un bref passage de votre livre qui en résume l’esprit :  « Avec l’avènement du media personnel, la révolution d’Internet a fait tomber de son piédestal le journalisme qui prétendait avoir le monopole de l’opinion. S’il l’avait oublié, il lui a fallu réapprendre, parfois à ses dépens, que le jugement, le point de vue, l’analyse ou le commentaire, l’engagement, l’expertise et la connaissance ne sont pas sa propriété exclusive. C’est une bonne nouvelle, car le voici remis à sa place, à sa juste place, sa raison d’être : chercher, trouver, révéler, trier, hiérarchiser, transmettre les informations, les faits et le réalité, utiles à la compréhension du monde, à la réflexion qu’elle suscite et à discussion qu’elle appelle».

 En complément, en cliquant ici vous pourrez visionner une anti-pub de Mediapart qui utilise pour sa promotion la controverse qui l’oppose à Alain Minc. Alain Minc est au départ un homme d’affaire, devenu un homme de medias, ex président du conseil de surveillance du Monde, un conseiller très écouté, très proche de Nicolas Sarkozy. Dans cette video Alain Minc prédit, avec une certaine délectation, l’échec du modèle économique de MEDIAPART, journal accessible sur le Net par abonnement. On peut y voir là une confrontation très symbolique entre un personnage, Alain Minc, qui représente mieux que quiconque l’establishement , et les journalistes francs tireurs de Mediapart. partis en croisade contre la dérive de l’oligarchie médiatique, de plus en plus liée au le pouvoir sarkozyste.

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