
Vendredi 25 juin, le Conseil Général de la Seine-Saint-Denis va se prononcer sur l’avis de la Chambre régionale des comptes concernant son budget 2010 adopté le 8 avril dernier. Ce budget a été établi en réaction aux carences de l’Etat qui abandonne des pans entiers des politiques de solidarité nationale. Les finances de très nombreux départements sont dans le rouge en raison de l’explosion des prestations sociales non prises en charges par l’Etat. Pour organiser une riposte collective des départements, le Conseil Général de Seine-Saint-Denis accueillera mercredi 23 juin une réunion exceptionnelle de l’Assemblée des départements de France. Pour lire le tract réalisé en commun avec Claude Bartolone, cliquez sur l’image ci-dessus.









Présenter un budget en déséquilibre est une démarche illégale. Pourtant, devant le pouvoir en place actuellement, c’est devenu une démarche absolument nécessaire.
Aujourd’hui, notre département est obligé d’engager un bras de fer avec l’Etat, pour le mettre devant ses responsabilités. Car un vrai chef d’Etat doit représenter tous les Français avec équité. Ce qui n’est pas le cas avec Nicolas Sarkozy.
Je trouve d’ailleurs la situation actuelle plutôt triste. L’Etat présente notre département comme un territoire peuplé de jeunes indisciplinés, tous sans exception. La preuve en est que le Chef de l’Etat ne vient en Seine-Saint-Denis que pour passer ses messages de lutte contre la délinquance. Pour résumer, Nicolas Sarkozy est resté, vis-à-vis de la Seine-Saint-Denis, un ministre de l’Intérieur dont la politique principale est la répression.
Pourtant, en étudiant un peu la composition de la société séquano-dionysienne et son évolution, on peut rapidement établir que notre département est l’un de ceux qui représentent le plus l’avenir de la France, à condition qu’on lui donne une importance de premier rang et qu’on lui en donne les moyens.
Tout d’abord, la Seine-Saint-Denis est l’un des départements français les plus peuplés. Cette seule caractéristique justifie déjà l’intérêt important qu’on devrait lui accorder.
Ensuite, elle doit faire face ces dernières années à un fort taux de natalité. Il est alors facile de comprendre que les besoins des secteurs Petite enfance et Education sont devenus particulièrement importants en Seine-Saint-Denis.
On peut également ajouter le fait que 3 séquano-dionysiens sur 10 sont âgés de moins de 20 ans. De fait, c’est une population jeune, et donc d’avenir.
Enfin, un nombre relativement important – plus du quart – de jeunes séquano-dionysiens quitte l’école sans diplôme. Il faut des moyens pour former ces jeunes, leur apporter une qualification et faciliter ainsi leur insertion dans la vie active.
Notre département est donc très jeune. De ce fait, investir sur lui est un gage d’avenir certain pour la France entière. Le Conseil Général de Seine-Saint-Denis l’a bien compris. En revanche, négliger la Seine-Saint-Denis et ses habitants, c’est pousser encore un peu plus notre département vers la pauvreté et ainsi renforcer les inégalités à l’échelon national.
Mais l’Etat semble sourd devant ces faits, et cela ne m’étonne pas.
Car, soyons réaliste : en tant que jeune français, que puis-je attendre d’un chef d’Etat dont la première mesure principale fut, peu après son élection, d’augmenter son propre salaire de 140% ?
Ce même chef de l’Etat veut aujourd’hui diviser par deux le nombre d’élus territoriaux, sous prétexte que ces derniers coûtent trop chers ? Quel comble !!!!!! Cette mesure n’aura qu’un seul effet : atténuer la proximité qui peut exister entre les citoyens et leurs représentants !!
Encore un peu de réalisme : puis-je attendre d’un gouvernement, sali par différents scandales en tout genre, et dont la plupart des membres ne voient que leur intérêts personnels, la défense des intérêts des citoyens français ? Pas grand-chose, probablement…
Nous nous trouvons donc devant un pouvoir qui ne prend en compte nos besoins que par la révolte, comme cela a d’ailleurs été le cas lors de la création du fonds national de financement de la protection de l’enfance.
C’est pourquoi je soutiens l’ensemble du Conseil Général dans l’adoption de ce budget de révolte.