Hier, j’ai participé à un séminaire organisé par le CEVIPOF dans le cadre d’un cycle sur la Seine-Saint-Denis proposé par Henri Rey. Le titre un brin provocateur du débat d’hier était “Parti communiste : la fin du communisme municipal“ animé par Emmanuel Bellanger historien et auteur d’ouvrages de référence sur l’histoire de la Seine-Saint-Denis, avec Roger Martelli historien du Parti communiste, avec Samir Hadj Belgacem, jeune doctorant, Stéphane Peu, maire-adjoint de Saint-Denis et Gilles Garnier conseiller général de Noisy-le-Sec. J’ai accepté l’invitation d’Henri Rey pour témoigner de mon vécu d’élue partenaire-adversaire de gauche du Parti communiste. J’ai tenté d’illustrer à la fois la manière dont nous avons réussi, pendant un temps, vaille que vaille, à travailler avec Jack Ralite à Aubervilliers, dans le cadre de l’union de la gauche. Mais j’ai bien sûr évoqué les différences profondes qui nous séparaient sur le développement de la ville et sur les retards occasionnés par l’absence de vision à long terme. Un manque de perspective aggravé par les tiraillements internes au PC lui-même.
Cependant, malgré la présence dans le public de Jean-Jacques Karman venu me porter la contradiction, le débat était empreint d’un grand respect mutuel et s’est déroulé dans un climat très convivial. Chacun s’est accordé sur les aspects positifs de certaines politiques mises en places à partir des années 30 dans les municipalités communistes en matière d’accès aux soins, à la culture, d’éducation populaire. En conclusion, Stéphane Peu, Gilles Garnier et moi-même avons convenu que la gauche dans son ensemble devait travailler à un nouveau modèle de développement urbain, et que chacun, avec son histoire, son parcours politique avait le devoir de franchir une nouvelle étape pour redonner espoir aux habitants de nos quartiers. Pour ma part, en tant que Socialiste, il ne m’appartient pas de me prononcer sur ce que doit devenir le Parti communiste, mais je souhaite simplement que les élus et militants sincères pourront trouver leur voie dans la recomposition actuelle.









